Bahreïn (A.P.Hawzah)- La Société nationale islamique Al-Wefaq a déclaré que les autorités bahreïniennes ont dissous l’institution des Waqfs jaafarites et l’ont fusionnée avec un conseil placé sous l’autorité du pouvoir politique, dans une démarche qu’elle décrit comme « dangereuse et coercitive ». L’organisation considère cette décision comme une atteinte aux prescriptions de la charia, une violation de la Constitution ainsi qu’une transgression des normes liées aux libertés religieuses dans le pays.
Al-Wefaq a souligné que cette orientation constitue une atteinte sans précédent à Bahreïn, voire dans tout autre pays au cours des derniers siècles. Selon le mouvement, les autorités profitent des circonstances régionales, des conflits et de la guerre pour s’approprier et porter atteinte aux références religieuses, aux personnalités, aux institutions et aux biens relevant du rite jaafarite. Cette politique serait mise en œuvre à travers des méthodes coercitives fondées sur l’intimidation et la propagation de la peur. Dans le même temps, les lois seraient modifiées afin d’imposer une nouvelle réalité en contradiction avec la religion, les textes coraniques et juridiques islamiques, l’identité confessionnelle ainsi que les libertés publiques et individuelles.
L’organisation a ajouté que ces mesures constituent une violation flagrante et inacceptable des règles religieuses et qu’elles s’accompagnent de campagnes sécuritaires et d’un climat de peur destiné à empêcher toute contestation de la part des citoyens.
Al-Wefaq a également indiqué que les autorités avaient préparé le terrain à ces mesures qu’elle juge illégales en imposant des conditions assimilables à un état d’urgence et en renforçant considérablement le dispositif sécuritaire.
Selon le communiqué du mouvement, cette situation a commencé avec le martyre de Seyyed Mohammad Al-Moussawi sous la torture et la remise de sa dépouille portant, selon l’organisation, des traces visibles de sévices. Elle s’est poursuivie par le retrait de la nationalité à des familles entières et leur déplacement forcé, ainsi que par l’arrestation de dizaines de religieux issus de différentes provinces et régions de Bahreïn. Le mouvement a également dénoncé la diffusion de leurs images dans ce qu’il considère comme une forme de représailles. Le communiqué fait en outre état du retrait de dizaines d’imams de mosquées de leurs fonctions, ainsi que de la fermeture d’écoles, de séminaires religieux et de tribunes de prédication.
Pour Al-Wefaq, ces développements démontrent que ce qui se déroule actuellement constitue le prélude à une offensive contre la réalité religieuse et sociale du pays, passant par la fermeture d’institutions, la confiscation de biens et la modification de leurs modes de gestion au profit d’une « administration sécuritaire répressive », dirigée selon une logique confessionnelle et dépourvue de tout respect des normes religieuses, sociales, juridiques et humaines.
Le mouvement a souligné que le décret n°31 de l’année 2026 représente une décision politique de dissolution imposée par la contrainte. Selon lui, cette mesure ne vise pas seulement une institution historique et authentique de Bahreïn, mais cherche également à instaurer un changement forcé susceptible de provoquer une crise profonde dont les racines remonteront sur plusieurs générations. Al-Wefaq a ajouté que l’Histoire retiendra cette initiative comme la plus grave erreur commise par les autorités bahreïniennes, affirmant qu’une telle situation ne saurait être compatible avec la nature humaine, la religion, la liberté ou l’État de droit.
L’organisation a en outre déclaré que ce décret imposé constitue une trahison et une usurpation de milliers de biens waqfs consacrés selon des titres, des objectifs et des mécanismes clairement définis, lesquels ne peuvent faire l’objet ni de manipulations ni d’instrumentalisations politiques.
Al-Wefaq a insisté sur le fait qu’un waqf ne peut être modifié par un simple décret ou une décision gouvernementale et que toutes les mesures prises à cet égard sont nulles et dépourvues de toute légitimité juridique et religieuse. Le mouvement a appelé les autorités à annuler ce décret et à renoncer à l’autoritarisme, à l’intransigeance et à la poursuite d’un projet qui, selon lui, ne peut être maintenu que par la force, l’intimidation et la violation des prescriptions religieuses.
Enfin, Al-Wefaq estime que le ciblage des waqfs chiites et sunnites à travers l’imposition d’une réalité jugée religieusement inacceptable confirme la nécessité de repenser en profondeur la structure politique du pays. Selon le mouvement, cette structure a perdu les fondements du partenariat national, de la légitimité et de la coexistence. Al-Wefaq a ainsi appelé à l’élaboration d’un « nouveau contrat social » fondé sur des principes juridiques et populaires, offrant les garanties nécessaires aux individus et aux différentes composantes de la société, tout en renforçant leur confiance dans leur réalité présente, leur avenir, leur identité et leurs libertés.





Votre commentaire